« Énorme Python, ô serpent inconnu… »

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Illa quidem nollet, sed te quoque, maxime Python,
Tum genuit, populisque nouis, incognita serpens,
Terror eras…. *

Où l’on apprend qu’aux origines, la Terre enfantait d’elle-même animaux et créatures monstrueuses autochtones ; où l’on découvre les origines de Python, première victime du carquois du jeune Apollon ; où l’on observe enfin une approche de la génération fondée sur une union du feu et de l’eau qui aurait toute sa place dans la Psychanalyse du feu de Gaston Bachelard. Suivons Ovide, « inspiré par son génie », sur les pentes d’une montage émergée des eaux du Déluge….

« Spontanément la terre engendra d’autres animaux de formes diverses,

lorsque l’humidité ancienne se fut évaporée sous le feu du soleil,

lorsque sous l’effet de la chaleur la fange et les marais humides

se gonflèrent et lorsque les semences fécondes des choses,

nourries dans le sol vivifiant, comme dans le sein d’une mère,

eurent grandi et pris avec le temps un certain aspect.

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Lucrèce et la physique quantique : une affaire d’atomes

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Quod superest, vacuas auris animum sagacem   semotum a curis adhibe veram ad rationem*

Aujourd’hui, un peu de physique quantique avec Lucrèce.

Dans son étude de la Nature, le De Rerum Natura , Lucrèce postule en suivant les traces  de son maître grec Épicure l’existence du vide, au sein duquel les corps (corpora), les objets (res), se meuvent ; les éléments constitutifs de toute chose sont les atomes, nommés rerum primordia ou simplement primordia. Lire la Suite

De amicitia

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Qua quidem haud scio an excepta sapientia nihil melius homini sit a dis immortalibus datum…*

D’après Cicéron, l’amitié est ce qu’il y a de plus beau et de plus certain dans la vie des hommes, juste après la sagesse. Difficile de contester ce classement.

(Re)découvrez ce très beau texte, composé en 44 av. J.-C. à la demande de son ami Atticus, dans lequel Cicéron décrit une amitié désintéressée, celle des boni – les « gens de bien »-, qui sans être eux-mêmes des sages peuvent partager les valeurs essentielles avec ceux qu’ils ont choisis sur le chemin de leur existence, vivants ou morts ; car la véritable amicitia transcende les générations. L’amitié est ici un choix moral, qui contribue aussi à fonder l’harmonie et la paix sociale. 

« En définitive, nous en déciderons avec, comme on dit, notre bonne grosse jugeote. Toutes les personnes qui, dans leur conduite, dans leur vie, ont fait preuve de loyauté, d’intégrité, d’équité, de générosité, qui n’ont en elles ni cupidité, ni passions, ni inconstance, et sont douées d’une grande force d’âme, comme l’ont été les hommes que je nommais il y a un instant, toutes peuvent, je pense, être rangées parmi les gens de bien: ce qui les caractérise, puisqu’ils suivent, autant qu’un être humain le peut, la nature qui est le meilleur des guides pour vivre de la bonne façon.

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Bucéphale à la bataille de l’Hydaspe

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Equus Alexandri regis et capite et nomine Bucephalus fuit. *

Monture mythique, Bucéphale, cheval « à la tête de boeuf », ne fut dompté que par Alexandre qui comprit que le farouche animal était ombrageux – c’est-à-dire qu’il avait peur de son ombre- et l’apprivoisa en le faisant marcher face au soleil.

Selon la légende rapportée par Aulu-Gelle*, auteur des Nuits attiques, c’est lors de la bataille qui eut lieu près de la rivière Hydaspe, en juillet 326 avant J.-C. et qui opposa Alexandre à Pôros, râja indien du royaume de Paurava, que Bucéphale mourut par dévotion pour son maître. Alexandre fonda une ville sur son tombeau, Alexandrie Bucéphale ou Bucéphalie, aujourd’hui Phalia (Penjab).

« Le cheval du roi Alexandre s’appelait Bucéphale (« tête de bœuf ») et sa tête, en effet, justifiait ce nom.

Acheté 16 talents, selon Charès, il avait été offert au roi Philippe. Dans notre monnaie, cette somme représente trois cent douze mille sesterces.

Un premier fait concernant ce cheval mérite d’être rappelé : une fois harnaché et préparé pour le combat, il ne supporta jamais aucun autre cavalier que le roi Alexandre.

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Au temps de Saturne. Pause bucolique d’été

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Felix qui potuit rerum cognoscere causas! *

Suivons Virgile et oublions, le temps d’un été, bercés par le chant des grillons, les fracas de l’ambition dans cette fiction géorgique…

« Heureux celui qui peut connaître les causes premières des choses !

Heureux celui qui a mis sous ses pieds les vaines terreurs des mortels, l’inexorable Destin et le bruit de l’avare Achéron ! Heureux aussi celui qui connaît les dieux champêtres, Pan, le vieux Sylvain et le chœur fraternel des Nymphes ! Rien ne l’émeut, ni les faisceaux que donne la faveur populaire, ni la pourpre des rois, ni la Discorde armant entre eux les frères perfides, ni les Daces conjurés se précipitant des bords de l’Ister, ni les intérêts de Rome, ni les empires qui penchent vers leur ruine : il n’a point à s’apitoyer sur celui qui n’a rien ; il n’a point à envier celui qui possède. Content des biens que ses champs lui prodiguent d’eux-mêmes, il cueille les fruits de ses arbres, et passe, sans connaître ni le joug de fer des lois, ni le forum et ses cris insensés, ni l’immense dépôt des actes publics.

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