Au temps de Saturne. Pause bucolique d’été

Temple de Ségeste
Felix qui potuit rerum cognoscere causas! *

Suivons Virgile et oublions, le temps d’un été, bercés par le chant des grillons, les fracas de l’ambition dans cette fiction géorgique…

« Heureux celui qui peut connaître les causes premières des choses !

Heureux celui qui a mis sous ses pieds les vaines terreurs des mortels, l’inexorable Destin et le bruit de l’avare Achéron ! Heureux aussi celui qui connaît les dieux champêtres, Pan, le vieux Sylvain et le chœur fraternel des Nymphes ! Rien ne l’émeut, ni les faisceaux que donne la faveur populaire, ni la pourpre des rois, ni la Discorde armant entre eux les frères perfides, ni les Daces conjurés se précipitant des bords de l’Ister, ni les intérêts de Rome, ni les empires qui penchent vers leur ruine : il n’a point à s’apitoyer sur celui qui n’a rien ; il n’a point à envier celui qui possède. Content des biens que ses champs lui prodiguent d’eux-mêmes, il cueille les fruits de ses arbres, et passe, sans connaître ni le joug de fer des lois, ni le forum et ses cris insensés, ni l’immense dépôt des actes publics.

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