État de nature

Τῇ δὲ πέμπτῃ πρὸς τὴν ὑπώρειαν ἐπείγονται πανδημεὶ ποτοῦ χάριν…*

Historien méthodique, précis et attaché à ses sources, Diodore de Sicile (1er siècle av. J.-C.) fut un voyageur infatigable, qui recueillit nombre de faits et de témoignages non seulement par ses lectures, mais aussi en se rendant sur le terrain. Dans le livre III de sa Bibliothèque historique, il s’agit de l’Egypte : « Enfin, nous-même, pendant notre voyage en Egypte, nous avons eu des relations avec beaucoup de prêtres, et nous nous sommes entretenus avec un grand nombre d’envoyés éthiopiens. Après avoir soigneusement recueilli ce que nous avons appris de cette manière, et compulsé les récits des historiens, nous n’avons admis dans notre narration que les faits généralement avérés ». Cette quête du véridique ne l’empêche pas d’être amateur, comme on l’était à l’époque hellénistique, de l’étrange ou paradoxon. Les chapitres 15 à 18 nous dépeignent ainsi les mœurs surprenants des Ichthyophages, peuple éthiopien mangeur de poisson (« ichthus »), en une page d’ethnologie des plus dépaysantes….

« Nous avons ainsi fait suffisamment connaître ce qui concerne les Éthiopiens qui habitent à l’occident ; nous allons parler maintenant de ceux qui demeurent au midi et sur les bords de la mer Rouge (…). Nous dirons d’abord un mot des Ichthyophages qui peuplent tout le littoral, depuis la Carmanie et la Gédrosie jusqu’à l’extrémité la plus reculée du golfe Arabique.

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