Léonidas aux Thermopyles

Λεωνίδης τε ἐν τούτῳ τῷ πόνῳ πίπτει ἀνὴρ γενόμενος ἄριστος…*

Septembre : il est temps de commémorer avec Hérodote la fameuse bataille des Thermopyles, qui se déroula en août ou septembre de l’année 480 av. J.-C. et opposa une alliance de cité grecques contre les Perses de Xerxès Ier. Xerxès, qui a juré de se venger des Grecs depuis la prise et l’incendie de Sarde en 498, campe alors dans la Trachinie, en Mélide ; en face, les Grecs, installés dans le défilé appelé Thermopyles. Parmi les Grecs qui y attendent le roi des Perses, on compte « trois cents Spartiates pesamment armés », passés à la postérité sous le nom de « Trois Cents ». Dans ce défilé, choisi par Thémistocle pour bloquer l’armée perse très supérieure en nombre, ces trois cents hommes de la garde royale spartiate vont affronter l’ennemi, aux côtés des seuls Thespiens et Thébains, formant une arrière-garde héroïque encouragée par un Léonidas préparé au sacrifice ultime pour sa patrie…

« Xerxès fit des libations au lever du soleil, et, après avoir attendu quelque temps, il se mit en marche vers l’heure où la place est ordinairement pleine de monde, comme le lui avait recommandé Éphialtes ; car en descendant la montagne le chemin est beaucoup plus court que lorsqu’il la faut monter et en faire le tour. Les Barbares s’approchèrent avec Xerxès. Léonidas et les Grecs, marchant comme à une mort certaine, s’avancèrent beaucoup plus loin qu’ils n’avaient fait dans le commencement, et jusqu’à l’endroit le plus large du défilé ; car jusqu’alors le mur leur avait tenu lieu de défense.

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Mort héroïque d’un naturaliste

Iam navibus cinis incidebat….*

Pline l’Ancien, préfet de la flotte et éminent naturaliste, est en poste à Misène ; le 9 avant les kalendes de septembre de l’an 79, le Vésuve entre en éruption, et une nuée se forme, « ayant l’aspect et la forme d’un arbre et faisant surtout penser à un pin ». Tout d’abord intéressé par le phénomène naturel, Pline propose à son neveu, Pline le jeune, d’aller l’observer en bateau ; mais il reçoit entre-temps un billet d’une certaine Rectina, qui l’appelle à l’aide…

« Mon oncle change son plan et ce qu’il avait entrepris par amour de la science, il l’achève par héroïsme. Il fait sortir des quadrirèmes et s’embarque lui-même, avec l’intention de secourir, outre Rectina, beaucoup d’autres personnes (les agréments du rivage y avaient attiré bien d’autres visiteurs). Il gagne en toute hâte la région que d’autres fuient et vogue en ligne droite, le cap droit sur le point périlleux, si libre de crainte que toutes les phases du terrible fléau, tous ses aspects, à mesure qui’il les percevait du regard, étaient notés sous sa dictée ou par lui-même.

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