Des démons et des génies

Hic, quem dico, prorsus custos….*

Les Grecs les appelaient « démons » (daimones), les Latins, « génies » (genii), mais aussi Lares, Lémures, Larves, dieux-Mânes…. Ces « gardiens invisibles » évoluant entre les dieux et les hommes peuplent un monde intermédiaire, voire l’âme même des hommes. Apulée, dans un opuscule méconnu qui lui est attribué sans certitude, le De Deo Socratis (Du dieu de Socrate), décrit ces divinités, pour en arriver à présenter la plus célèbre : le fameux « démon  » de Socrate. D’un ton platonicien, il nous incite à tendre l’oreille pour, comme Socrate, écouter notre daimôn, ce « guide personnel », et suivre la voie de la philosophie, la seule qui vaille….

« Non, vous répondra Platon par ma bouche, non, les dieux ne sont pas tellement distincts et séparés des hommes, qu’ils ne puissent entendre nos vœux. Ils sont, il est vrai, étrangers au contact, mais non au soin des choses humaines. Il y a des divinités intermédiaires qui habitent entre les hauteurs du ciel et l’élément terrestre, dans ce milieu qu’occupe l’air, et qui transmettent aux dieux nos désirs et les mérites de nos actions : les Grecs les appellent démons.

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